Une sandwicherie garde l’intégralité de ses ventes en ligne quand elle encaisse depuis sa propre boutique, sans passer par une plateforme de livraison. La commission proportionnelle cède alors la place à un abonnement fixe. Pour un commerce belge qui vend à emporter, l’écart se compte en milliers d’euros par an, et le calcul tient en quelques lignes.
Boutique en propre ou plateforme : où part l’argent ?
Une plateforme prélève un pourcentage sur chaque commande, une boutique indépendante facture un montant stable. Tout se joue là. Les prélèvements oscillent entre 12 et 30 % selon le contrat, d’après Food It Be, et le taux se négocie restaurant par restaurant, sur un document que personne ne montre. Lorsque le commerçant livre lui-même, Uber Eats affiche 12 % en Belgique et Takeaway.com applique 13 %. Si la plateforme fournit aussi le coursier, le taux grimpe à 29 ou 30 %.
Un Site web pour sandwicherie à 97 € par mois hors TVA, sans engagement, change donc la nature de la dépense : elle ne grossit plus avec le chiffre d’affaires. L’abonnement couvre le nom de domaine en. be, l’hébergement européen, le certificat de sécurité et l’encodage de la carte, réalisé par l’équipe à partir d’une simple photo. La mise en place ne coûte rien. Le commerçant ouvre son espace en renseignant six informations, et rien n’est prélevé avant qu’il règle cette mise en place. Les clients commandent sur sa carte, sous son nom, paient par Bancontact ou par carte, et lui seul encaisse. À la cuisine, un ticket sort dès qu’une commande arrive.
Combien reste-t-il en fin d’année ?
Prenons cent commandes mensuelles à 25 €, soit 2 500 € de ventes. À 13 %, la commission atteint 325 € par mois, 3 900 € sur douze mois. L’abonnement revient à 1 164 € sur la même période : 2 736 € restent dans la caisse. Ces chiffres reposent sur l’hypothèse publiée par Food It Be et valent pour une livraison assurée par le commerçant.
Une réserve s’impose pourtant. Le seuil de rentabilité se situe vers 750 € de ventes mensuelles, soit une trentaine de commandes à 25 € : en dessous, la commission coûte moins cher que l’abonnement. Les frais du prestataire de paiement s’ajoutent partout, par exemple 0,39 € par paiement Bancontact chez Mollie. Et la solution ne fournit aucun coursier, donc un commerce qui ne livre pas encore doit prévoir quelqu’un sur la route. La formule sert d’abord les adresses au volume régulier.
Le calcul change vite quand le volume grimpe. À deux cents commandes mensuelles au même ticket moyen, la commission de 13 % pèse 650 € par mois, contre 97 € d’abonnement : l’écart annuel dépasse 6 600 €, quelle que soit la saison. Un commerce de quartier qui travaille surtout le midi, avec des habitués qui commandent à l’avance, tire souvent plus de profit d’un canal direct que d’une visibilité achetée au prix fort.
Chiffrez vos commandes d’un mois ordinaire avant de choisir. Le reste découle de ce nombre.





